[Réservé aux Membres] Rencontre avec Julia Cagé

Publié le 4 mai 2020 – Par Baptiste Thevelein

Spécialiste du financement de la démocratie et de l'économie des médias, Julia Cagé a publié en 2015 l'essai Sauver les médias, qui propose un nouveau modèle d'entreprise de presse, la société de média à but non lucratif. En cette période si particulière, nous sommes allés à sa rencontre.

La crise sanitaire s’ajoute à la crise de la distribution de la presse, avec la cessation de paiement de Presstalis. Comment imaginer l’avenir de la distribution de la presse en France ?

Il est difficile d’être positif… même si on peut toujours essayer de voir les choses du bon côté ! Le bon côté des choses, c’est que la crise sanitaire rappelle aux médias qu’il est dangereux de trop se reposer sur les revenus publicitaires ; les recettes de vente ou d’abonnement me semblent préférables. Mais malheureusement, le choc publicitaire est tel aujourd’hui pour de nombreux médias qu’il est difficile de savoir s’ils vont s’en sortir, et cela m’inquiète. Le paysage médiatique français ne brille pas par sa pluralité, et des fermetures, notamment au niveau local, de journaux seraient une catastrophe.
Malheureusement vient s’ajouter à cela la cessation de paiement de Presstalis. Il est temps de réinterroger ce modèle hérité de la Seconde Guerre mondiale ; je pense que l’on a trop longtemps repoussé cette réflexion, même si ce modèle a eu de nombreux mérites et qu’il explique la richesse du nombre de titres en France que l’on ne retrouve pas dans d’autres pays. Mais malheureusement d’une part ce ne sont pas aux salariés de Presstalis de payer les pots ; s’il faut un plan de redressement, ce sur quoi tout le monde s’accorde, celui-ci doit accompagner les salariés qui perdront leur emploi et qui vont être dans une situation rendue encore plus précaire par la crise économique. D’autre part, il est évident qu’un certain nombre de petits titres, en presse hebdomadaire comme magazine, n’ont pas de quoi payer la facture. Je pense qu’ici l’État doit prendre ses responsabilités. On dira qu’il est déjà arrivé à l’État de payer pour redresser Presstalis ; certes, mais ce n’est pas une raison pour ne pas le faire aujourd’hui alors même qu’il y a urgence.

« On peut toujours essayer de voir les choses du bon côté ! »

En 2015, vous proposiez un modèle innovant pour les entreprises de presse dans Sauver les médias. Alors que de nombreux médias sont aujourd’hui en danger face à la crise du Covid-19, comment les sauver ?

Il y a différents aspects qui se combinent aujourd’hui. D’une part, la crise de Presstalis : comme je viens de le souligner, je pense qu’il est ici de la responsabilité de l’État d’intervenir. D’autre part, la crise économique liée, au-delà des difficultés de distribution, à l’effondrement des recettes publicitaires. Le plus frustrant dans la situation actuelle est de voir qu’alors même que de nombreux médias n’ont jamais eu…

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