Apprendre le podcast avec Pierre Orlac’h, fondateur de Bababam

Publié le 13 février 2020 – Par Marguerite Lefébure

Fondateur de Bababam, Pierre Orlac'h intervient lors de la formation Podcast du Tank media. Nous avons recueilli son retour d'expérience et ses conseils pour la production de podcast.

Bonjour Pierre Orlac’h, pouvez-vous nous dire ce que vous faites et comment vous avez créé Bababam  ?

Je suis un ancien journaliste, d’abord agencier, puis journaliste sportif. J’ai ensuite rejoint trois autres associés et nous avons développé Cerise, un groupe média digital axé sur la vidéo et le social média. Nous avons développé ce groupe à l’international et nous l’avons revendu au groupe Bertelsmann. Prisma Media a piloté notre acquisition. Je suis ensuite resté deux ans chez Prisma avant de me lancer de nouveau dans l’entrepreneuriat pour lancer Bababam.

L’objectif de Bababam, c’est de démocratiser l’audio digital. C’est-à-dire, faire en sorte qu’il soit désormais possible d’écouter ce que l’on veut quand on veut. L’audio est encore aujourd’hui très urbain, très CSP+ mais je pense que nous pouvons aller toucher d’autres audiences pour qu’il y ait de plus en plus de gens qui écoutent le podcast.

Sur l’usage des podcasts, actuellement, il y a une grosse barrière à l’entrée. Lorsque l’on dit à sa grand-mère ou à sa petite sœur « Va écouter mon podcast », il faut qu’elles retrouvent l’application puis le contenu dans l’application. Ou bien si l’on donne une page web, elle n’est pas forcément optimisée.

« Pour faire avancer cette démocratisation, nous nous appuyons donc sur trois piliers : un studio, une agence et une technologie. »

Pour faire avancer cette démocratisation, nous nous appuyons donc sur trois piliers : un studio, une agence et une technologie. Nous avons nos propres formats, et créons du récit, du talk, de la fiction. Ensuite, nous travaillons avec des marques, des éditeurs et des groupes médias pour les accompagner dans la réussite de leurs stratégies audio digitales. Enfin nous développons Podinstal, une technologie web qui aide à diffuser les podcasts. 

« La première question, c'est « Est-ce que je vais trouver une audience ? » (..) On se penche donc d'abord sur comment travailler sur le web et sur la stratégie pour faire découvrir son contenu. »

De nombreuses marques médias se diversifient et se lancent une offre de podcasts natifs. Quelle est l’une des questions primordiales sur laquelle se pencher avant de se lancer ?

La première question, c’est « Est-ce que je vais trouver une audience ? » et « Comment vais-je faire pour trouver mon audience ? » On se penche donc d’abord sur comment travailler sur le web et sur la stratégie pour faire découvrir son contenu. La deuxième question, c’est « Est-ce que mon contenu n’existe pas déjà ? » et « Quelle est la valeur de l’audio par rapport au contenu que je vais donner ? ». Offrir une expérience forte de storytelling par un contenu audio de qualité, c’est intéressant, et c’est pour cela que dans nos productions, nous allons très loin dans l’innovant et l’expérientiel. 

Sur le Slack des Membres du Tank média, beaucoup d’articles sont partagés sur l’écosystème du podcast. À ton avis, comment va se structurer le marché ces prochaines années ? 

C’est la jungle. Il y a beaucoup d’acteurs mais il va aussi y avoir des mouvements de consolidation. Ça a déjà commencé aux États-Unis, qui est un marché un peu plus mature que le nôtre, avec, je pense, trois ans d’avance. Aux États-Unis, il y a des plateformes qui ont racheté des diffuseurs, comme Spotify et Gimlet Media… Il va y avoir des studios qui vont devenir mondiaux et qui vont diffuser des contenus en plusieurs langues dès le départ. Il va y avoir des plateformes et des régies qui vont se faire racheter. L’écosystème va se structurer, c’est certain. Le podcast a besoin de cette rationalisation. Le nombre d’acteurs sur le marché rend les choses plus difficiles. Quand vous êtes éditeurs par exemple, il faut savoir si votre podcast est bien distribué sur l’antenne d’application. Ce sera plus simple quand il y aura un peu moins de plateformes. C’est un peu tabou dans le milieu, mais je dirai que c’est la force même du podcast qui est sa faiblesse. Le podcast passe par le flux RSS, qui est très libre. Mais depuis ce flux RSS, il n’y a pas beaucoup de data et de données à en tirer et cela ralenti les éditeurs et les annonceurs à aller plus loin dans ce format. Alors qu’en vidéo, nous avons des data précises. Mais tout se structure, il y a des offres de mesures d’audience qui arrivent, des certifications qui se construisent. Petit à petit, le nombre d’acteurs devrait se réduire.

« Ce qui est sûr, c'est que le podcast doit travailler sur l'expérience sonore et sur la longue durée. »

Lors du déjeuner retour d’expérience de la formation podcast du Tank media, les participants vous poseront certainement la question suivante : “Quelle est la recette d’un bon podcast ?”. En attendant, quel est le podcast dont vous êtes le plus fier ?

Nous avons Noises, qui a remporté le prix du meilleur Podcast de l’année. Et pour répondre à la question, il n’y pas de recette. Tout dépend de l’objectif. Ce qui est sûr, c’est que le podcast doit travailler sur l’expérience sonore et sur la longue durée. Le podcast a un avantage, c’est qu’il permet une écoute active. Dans la vidéo, il y a du visionnage passif entre deux écrans. Avec le podcast, les auditeurs ont décidé de cliquer sur play et d’être tout seul avec vous. Si vous ne leur faites pas vivre une expérience sonore intéressante, ça risque d’être une déception. Même sur les formats courts, il faut un effort pour que la narration soit dite et projetée et cela demande une écriture particulière. 

Suivre une formation permet de faire gagner pas mal de temps lorsqu’on se lance dans le podcast. Quelle est selon toi, les aspects sur lesquels les journalistes auraient le plus besoin de se former ?

Il y a deux choses : l’écriture de l’audio, qui est une écriture bien particulière. Et le travail sur la diffusion, qui reste un point important, bien que dans certaines entreprises, ce ne soit pas les tâches des journalistes. Mais c’est surtout ce point de l’écriture, dont je me rends compte de plus en plus que c’est le principal sujet. 

Vous avez d’autres interrogations au sujet du podcast ?

Participez à la formation du Tank media. Un échange est prévu pour poser toutes vos questions avec Pierre Orlac’h.

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